
Les robots humanoïdes investissent désormais des lieux culturels emblématiques, bien au-delà des usines et des laboratoires. En Italie, un robot guide baptisé R1 est actuellement testé au célèbre Palazzo Madama, avec l’ambition de transformer l’expérience des visiteurs.
Au cœur de la ville de Turin, le Palais Madama sert aujourd’hui de terrain d’expérimentation pour une nouvelle génération de robots d’accueil. Le robot R1 y est testé afin d’accompagner les visiteurs dans leur découverte du musée, tout en facilitant leur orientation dans un bâtiment historique aux espaces parfois complexes.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à améliorer l’accessibilité des sites culturels, tout en répondant à des problématiques concrètes comme la gestion des flux de visiteurs. L’objectif n’est pas de remplacer les guides humains, mais bien de les assister, notamment lors des périodes de forte affluence où le nombre de visiteurs peut fortement augmenter.
Développé par l’Istituto Italiano di Tecnologia, le robot R1 repose sur une combinaison de capteurs, de caméras et d’intelligence artificielle lui permettant d’interagir avec les visiteurs en temps réel. Il est capable de se déplacer de manière autonome dans les différentes salles du musée, tout en évitant les obstacles et en ajustant sa trajectoire en permanence.
Concrètement, le robot peut guider les visiteurs, leur fournir des explications sur les œuvres exposées et répondre à certaines demandes simples. Il s’appuie pour cela sur une base de connaissances embarquée, enrichie par des technologies d’IA, qui lui permettent de présenter des contenus culturels de manière interactive et accessible.
Le robot R1 a été conçu spécifiquement pour évoluer dans des environnements historiques comme le Palais Madama, où les contraintes architecturales peuvent être nombreuses. Haut d’environ 1,25 mètre pour un poids de 50 kg, il se déplace sur roues à une vitesse pouvant atteindre 1,5 mètre par seconde, ce qui lui permet de circuler efficacement dans les couloirs étroits et les espaces fréquentés.
Grâce à ses systèmes de navigation avancés, le robot est capable de cartographier son environnement et de se repositionner si nécessaire. Cette capacité d’adaptation est essentielle dans un lieu ouvert au public, où les conditions peuvent varier en permanence en fonction de l’affluence ou des déplacements des visiteurs.
Les premiers retours issus de cette phase de test sont globalement encourageants, avec plus de 80 % des visiteurs déclarant avoir eu une interaction positive avec le robot. Cette adhésion montre que le public est de plus en plus réceptif à l’intégration de technologies robotiques dans des contextes culturels.
Cependant, certains visiteurs restent encore hésitants face à ce type d’innovation, notamment lorsqu’il s’agit d’obtenir des explications détaillées sur les œuvres. Dans ces cas-là, les guides humains conservent un rôle central, soulignant la complémentarité entre technologie et médiation culturelle traditionnelle.
Le développement et le déploiement du robot R1 s’inscrivent dans un programme de recherche soutenu par l’Union européenne, avec un financement d’environ 4 millions d’euros. Ce projet réunit plusieurs partenaires, dont l’Université de Gênes et l’entreprise Robert Bosch GmbH, dans une logique de collaboration entre recherche et industrie. L’expérimentation, lancée fin mars 2026, vise à évaluer l’intégration concrète de robots autonomes dans des lieux ouverts au public : les résultats obtenus pourraient ouvrir la voie à un déploiement plus large dans d’autres musées ou sites touristiques en Europe.
Avec R1, les institutions culturelles explorent de nouvelles façons d’enrichir l’expérience des visiteurs grâce à la robotique et à l’intelligence artificielle. Ce type de robot pourrait à terme devenir un outil complémentaire pour guider, informer et orienter le public de manière fluide et personnalisée.
Si des ajustements restent nécessaires, notamment sur l’interaction et la pédagogie, cette expérimentation montre que les robots humanoïdes peuvent déjà trouver leur place dans des environnements complexes et ouverts au grand public. Une évolution qui pourrait transformer en profondeur la manière dont nous visitons les musées.
Source : https://fr.euronews.com/video/2026/04/24/litalie-teste-le-robot-guide-r1-au-palais-madama-a-turin
